Plus loin sur la carte de l’océan Indien, l’Afrique du Sud est un poids lourd brassicole — avec une histoire qui mêle traditions ancestrales, géants industriels et explosion artisanale.

Une tradition antérieure à la colonisation

Bien avant l’arrivée des Européens, les peuples xhosa, zoulou et sotho brassaient l’umqombothi, une bière traditionnelle à base de maïs et de malt de sorgho, peu alcoolisée, fermentée mais non filtrée. À la fois nourriture et boisson, consommée lors des cérémonies, elle fait toujours partie de certaines traditions.

Les géants

Le marché moderne est dominé par South African Breweries (SAB), fondée en 1895 et aujourd’hui filiale d’AB InBev. SAB porte les marques emblématiques du pays : Castle Lager, Castle Lite et Castle Milk Stout, ainsi que la Carling Black Label, l’une des plus primées localement, et la Hansa Pilsner (première pilsner locale, 1975). La Windhoek Lager, venue de Namibie et brassée selon le Reinheitsgebot allemand, y est aussi très populaire.

Le boom du craft

Depuis une vingtaine d’années, l’Afrique du Sud connaît un vrai essor des microbrasseries — on en compte plusieurs dizaines, concentrées dans le Western Cape et le Gauteng. Parmi les noms : Mitchell’s Brewery (Knysna, pionnière), Cape Brewing Co. (Paarl), Woodstock Brewery et Long Beach Brewery (Le Cap), Rock Kestrel (Stellenbosch). Pale Ale, IPA, bières aux fruits ou aux épices locales : la créativité est au rendez-vous, portée par une clientèle urbaine curieuse.

Un marché massif

La bière pèse lourd : environ la moitié de la valeur et les trois quarts du volume du marché des boissons alcoolisées sud-africain, avec une consommation d’environ 60 litres par habitant — bien au-dessus de la moyenne continentale. Le segment artisanal, lui, surfe sur la montée en gamme et les tendances mondiales (premium, faible alcool).

Sources

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