Voisine de La Réunion, la Grande Île a une scène brassicole dominée par une bière nationale iconique — et traversée, comme ailleurs, par une vague artisanale naissante.
La THB, bière nationale
Impossible de parler de bière malgache sans la Three Horses Beer. Créée en 1956 par les Brasseries STAR (filiale du groupe Castel), c’est la première bière fabriquée sur l’île : une pils légère à 5,4 %, brassée à base d’orge et de maïs, conditionnée en bouteilles brunes de 33 et 65 cl pour la protéger du soleil tropical. Avec environ un million d’hectolitres par an, la THB est une véritable institution.
Un duopole industriel
Le marché s’est ouvert avec la Nouvelle Brasserie de Madagascar (NBM), rachetée par Castel en 2014 et installée à Ambatolampy. Elle produit la Skol (adaptée au goût local), la Libertalia (bière de dégustation plus aromatique) et la Guinness, pour une capacité d’environ 150 000 hl par an. STAR, de son côté, fait vivre toute une filière agricole — l’entreprise revendique des milliers d’agriculteurs pour l’orge et le maïs.
L’artisanat s’installe à Tana
Depuis la fin des années 2010, la microbrasserie se développe, surtout à Antananarivo. Namana Craft Beer, fondée par un collectif d’amis, propose quatre bières assumant l’identité malgache : Golden Ale, Wheat Ale, Pale Ale et IPA. D’autres initiatives misent sur des ingrédients locaux — malt de riz rouge, épices, brèdes mafanes — pour des recettes originales. La bière au riz rouge malgache a même été médaillée.
Un air de famille
Comme aux Seychelles ou à La Réunion, le schéma se répète : une grande brasserie historique qui structure le marché, puis des artisans qui apportent créativité et ancrage local. L’océan Indien brasse, chacun à son rythme.
Sources
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