Connaissez-vous la bionade ? Cette boisson allemande, à mi-chemin entre le soda et la bière, raconte une jolie histoire d’innovation — et pourrait bien inspirer une version tropicale.

Une invention née d’une faillite

Au début des années 1990, la brasserie Peter, à Ostheim en Bavière, est au bord du gouffre. Son maître brasseur, Dieter Leipold, planche pendant huit ans sur un procédé inédit : transformer le sucre non pas en alcool, mais en acide gluconique — la même réaction que celle qui intervient dans la production du miel par les abeilles, via l’enzyme glucose oxydase. Le résultat, lancé en 1995, est la bionade : une boisson fermentée biologique, naturellement isotonique, riche en calcium et magnésium, avec moins de 0,5 % d’alcool.

Le succès est spectaculaire : de 2 millions de bouteilles en 2002 à 200 millions en 2007, la bionade devient l’un des sodas les plus consommés d’Allemagne. La preuve d’un vrai appétit pour des alternatives naturelles aux sodas industriels.

Le principe, en deux mots

La bionade combine des techniques brassicoles (brassage de malt d’orge, fermentation) et une transformation enzymatique des sucres. Elle contient nettement moins de sucre qu’un soda classique, se conserve à température ambiante grâce à son équilibre acidité-minéraux, et n’a pas besoin d’arômes de synthèse.

Et une « bionade péi » ?

C’est là que ça devient intéressant pour La Réunion — au conditionnel, car il s’agit d’une piste, pas d’un produit existant. L’île réunit plusieurs atouts : une tradition de fermentation (achards, tisanes), une recherche active (le CIRAD et l’Université de La Réunion ont travaillé sur la lacto-fermentation des jus de fruits tropicaux pour en augmenter l’activité antioxydante), et surtout une palette aromatique unique : litchi, mangue, fruit de la passion, ananas Victoria, goyave.

On peut imaginer un soda fermenté local, peu sucré, à base de fruits péi et d’eau volcanique. Cela demanderait un vrai travail de mise au point (souches, standardisation, sécurité alimentaire) — mais l’idée illustre bien comment un savoir-faire venu d’ailleurs peut s’acclimater à un terroir tropical.

Sources

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