Brasser de la bière, c’est aussi produire des « déchets » — surtout de la drêche, ces résidus de céréales qui restent après l’empâtage. Sauf que sur une île qui importe presque tout, un déchet est rarement un déchet : c’est une matière première qui s’ignore. C’est tout le principe de l’économie circulaire appliquée à la brasserie.

La drêche, ressource n°1

L’essentiel de l’orge utilisée ne finit pas dans la bière : elle ressort sous forme de drêche, riche en fibres, protéines et minéraux (comptez environ 20 kg de drêche pour 100 litres brassés). Plutôt que de la jeter, on peut la valoriser de plusieurs façons :

  • Alimentation animale : porcs, volailles, bovins en raffolent.
  • Culture de champignons : la drêche est un excellent substrat pour les pleurotes (voir notre article dédié).
  • Boulangerie : du pain à la drêche, ultra-frais et local.
  • Compost et fertilisation des sols.

L’eau et le CO₂ aussi

La fermentation dégage du CO₂, qu’on peut récupérer (carbonatation, serres). L’eau de nettoyage et de production, une fois filtrée, peut servir à l’irrigation. Sur une île où l’eau et les intrants coûtent cher à acheminer, chaque flux récupéré compte double.

Pourquoi ça a un sens particulier à La Réunion

L’argument n’est pas qu’écologique. Valoriser localement, c’est :

  • réduire les importations (aliments pour bétail, engrais, parfois pain) ;
  • créer de petites filières autour de la brasserie (champignonnières, boulangerie, compost) ;
  • gagner en résilience face aux ruptures d’approvisionnement, fréquentes en territoire insulaire.

C’est aussi cohérent avec une scène brassicole déjà tournée vers le local — levures endémiques, fruits péi, eau de source volcanique.

Un fil rouge, pas un slogan

Chez BièrePei, l’antigaspi n’est pas un argument qu’on agite : c’est une logique de bon sens. Travailler avec des lots proches de la DLUO, valoriser ce qui peut l’être, éviter le gâchis — sur une île, c’est simplement la façon la plus sensée de faire les choses.

Sources

À lire aussi : le brassage étape par étape et cultiver des champignons sur la drêche.